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LE FUNK
Le funk est une
forme de musique afro-américaine apparue à
la fin des années 1960, et qui s'est
développée au cours des années 1970 et 1980.
Issu principalement de la soul et du jazz,
le funk se caractérise par la prédominance
de la section rythmique (guitare, basse,
batterie) qui joue des motifs syncopés, la
présence fréquente de cuivres sur des
ponctuations rythmiques (riffs) ou bien des
solos, et de manière générale, par la grande
place accordée aux instruments.
Contrairement à la soul traditionnelle qui
privilégie le format « chanson » et le
tandem chanteur-producteur, un morceau funk
est une œuvre collective, construite sur un
groove extensible et modulable à volonté qui
permet aux vocalistes et instrumentistes
d'intervenir à parts égales. Une anecdote :
Le terme funk provient de l'argot
anglo-américain funky, qui signifie
littéralement « puant ».
Les
années 1970
Le développement du funk accompagne, à
partir de la fin des années 1960, celui de
la culture afro-américaine, à l'image de
James Brown, qui signe en 1973 la bande
originale du film Black Caesar. Le mouvement
funk reste dans un premier temps ignoré du
public blanc, qu'il parvient finalement à
toucher, surtout grâce à la disco, dans la
seconde moitié des années 1970. Le grand
public est finalement converti, notamment
par le groupe Chic, de Nile Rodgers
(guitare) et Bernard Edwards (basse), qui
enchaîne les succès à partir de 1977 (Chic
Cheer, le Freak, Good Times, pour ne citer
que les plus connus). Des groupes fondés à
la fin des années 1960, comme Kool and the
Gang, ou encore Earth, Wind and Fire, jusque
là connus des amateurs, connaissent alors un
succès public considérable.
Le funk commence alors à se diversifier :
Le mouvement jazz-funk : dans les années
1970, dans le prolongement du mouvement free
jazz, des musiciens de jazz s'emparent du
funk, ce qui ne se traduit pas pour autant
par un retour à la source, au contraire. Le
funk s'ouvre aux balbutiements de la musique
électronique, du fait notamment de Herbie
Hancock, pianiste de jazz de formation
classique, qui sort en 1973 l'album Head
Hunters, son plus grand succès commercial.
On peut également citer le guitariste Jeff
Beck (ancien membre des Yardbirds), qui sort
l'album Blow by Blow en 1975, le bassiste
Stanley Clarke, le groupe Funk Inc., ou
encore le pianiste Hubert Eaves. Il faut
encore mentionner, dans un style qui reste
plus proche du jazz classique et de la soul,
certaines oeuvres de Stevie Wonder, comme du
guitariste George Benson, dont le morceau
Give me the Night est devenu un classique du
genre.
Le mouvement P-Funk : durant toutes les
années 1970 et jusqu'au début des années
1980, un autre style se déploie, qui prend
ses distances avec la réalité. Amorcé par le
funk psychédélique assaisonné au rock de Sly
and The Family Stone, il aboutira a la
naissance de la galaxie P-Funk (pour Pure
Funk) de George Clinton qui mélangera toutes
les influences du moment à un groove
irrésistible. Parliament, Funkadelic, P-Funk
Allstars : ces groupes s'amusent a imaginer
qu'ils débarquent d'un vaisseau spatial pour
libérer les humains des forces négatives
d'un monde sans funk ! Le nom des tournées
est éloquent: « The P-Funk Intergalactic
U.S. Tour » par exemple. Orchestre à
géométrie variable (parfois plus de 40
musiciens sur scène!), expérimentations
sonores, extravagances, délires et drogues à
foison.
La naissance du rap : à la fin des années
1970, le recours aux boîtes à rythme, aux
platines vinyl et aux dernières générations
de synthétiseurs est concomitante à la
disparition des grands funkbands devenus
trop chers à produire en concert. Armés de
platines bricolées, les premiers DJ, comme
Grandmaster Flash, jouent les disques de
funk de leur enfance en les triturant via
des tables de mixage et inventent les
premières techniques de scratching. C'est la
relève : les groupes comme Sugarhill Gang,
Troublefunk, et bien d'autres seront la base
funky de la future révolution hip-hop. Finis
les textes cosmiques et autres délires
psychédéliques, la jeune génération reparle
du ghetto et de son quotiden. On se trouve à
la charnière entre le funk et le hip-hop,
dont le meilleur exemple est le fameux
Rapper's Delight de Sugarhill Gang,
construit sur un sample de la légendaire
ligne de basse du morceau Good Times, du
groupe Chic. On peut également citer Drop
the Bomb, de Troublefunk, ou le morceau
Rockit, signé par Herbie Hancock. Ils
ouvriront la voie aux véritables premières
stars du hip hop : KRS-One, Public Enemy...
Les
années 1980
Les années 1980 marquent la dernière étape
de l'évolution du funk. Aux États-Unis, on
parle d'Urban music. Le funk des années 1980
est caractérisé par un son beaucoup plus
lisse et accessible que d'autres styles de
funk exercés dans les décennies précédentes.
Les instruments et les productions
deviennent plus digitales qu'organiques
(synthétiseurs, boîtes à rythmes,
programmation) et les mélodies plus proches
de la pop qu'auparavant, dans un but
crossover, c'est-à-dire celui de plaire à un
large public, notamment au public blanc.
Souvent rejetés par les puristes car
flirtant avec des formes qu'ils considèrent
plus commerciales comme le disco (alors
qu'il s'agit simplement d'un style
différent, essentiellement destiné à la
danse en boite de nuit, mais tout aussi
recherché), des groupes comme Earth, Wind
and Fire ou Kool & The Gang jouent une
musique sophistiquée, dans laquelle la
production prend une place plus
déterminante. Le genre s'oriente vers
l'électronique, les beats sont plus étayés.
La basse, dont l'apogée pourrait être
l'année 1982 (voir le LP de Stanley Clarke
Let me know you) et le synthétiseur,
beaucoup plus marqué en 1984, forment
l'essence de la mélodie. Des sons
caractéristiques - ces petits sons fuyants
et entraînants - sont depuis samplés et
réutilisés dans de nombreux genres : pour
s'en rendre compte il suffit d'écouter
quelques morceaux choisis de rap West Coast,
qui réutilisent de nombreux sons et
morceaux. Des artistes ou groupes tels que
Zapp & Roger, Cameo, Mtume, The Gap Band,
One Way, George Clinton/Parliament/Funkadelic,
The Ohio Players ou même Rick James,
appartiennent aussi à cette famille du funk.
Les années 1980 sont marquées par
l'apparition d'un génie du genre : Prince.
Prince réussit l'alliance du funk cuivré de
James Brown et du son électro de Georges
Clinton. Il fusionne ce funk avec un rock
sans complexes, et sert cet ensemble avec
des mélodies dignes des Beatles (ce qui lui
permettra d'être à ce jour l'artiste funk le
plus populaire avec des records de ventes
inégalés). Les concerts de Prince démontrent
ses qualités de funkmaster et perpétuent les
valeurs du funk, à un moment où Michael
Jackson dénature ce son black pour glisser
vers un son pop.
En parallèle de ces groupes et artistes très
connus, le funk des années 1980 est aussi
marqué par un nouveau phénomène, celui des
grands producteurs (Kashif, Leon Sylvers
III, Willie Lester/Rodney Brown, William
Anderson/Raymond Reid...) et des grands
labels spécialisés dans le Funk et dans un
certain style de Son (Salsoul, Solar,
Prelude, Capitol...). Durant cette période
de nouveaux labels apparaissent et un très
grand nombre de Maxi sortent pour des
groupes qui parfois ne fond que quelques
titres avant de disparaître. C'est une
période extrêmement prolifique, avec au
final, une très grande variété de sons.
C'est la partie cachée de l'iceberg, toute
une galaxie d'artistes qui n'est que trop
méconnue.
Vers le milieu des années 1980 un déclin
relatif du funk — ou son recyclage ? —
s'amorce, en 1985 on voit la naissance de
l'électro avec des artistes comme Colonel
Abrams. En 1987-1988, la naissance du New
Jack Swing et de la Dance contribue à son
éclipse.
Plusieurs styles de funk sont actuellement
reconnus par les amateurs du genre. Parmi
ceux-ci on retrouve :
Funk-soul : funk du début des années 1980
fortement connotée soul music (ex : Leon
Ware).
Boogie-Funk : funk début 1980 plus dansante
(ex: Pure energy, Change, Atkins ).
Italo Funky : Mélange d'italo (ex: sabrina)
et de funk. Ce style provient principalement
d'Italie et c'est illustré avec des artistes
tels que Mike Francis, Ago, Rainbow Team ou
bien encore Kano (alias Dr. Togo).
Electro-Funk : que l'on retrouve
principalement à partir de 1984 et qui est
un savant mélange entre instruments de
tradition et sons numériques (ex: Carmen,
Yvette Cason , Risan ,etc.).
Modern soul ou northern soul : dérivé
musical de la soul à mis chemin entre le
funk et la new jack que l'on retrouve
principalement dans la deuxième moitié des
années 1980.
Il existe d'autres appellations
caractérisant les morceaux tels que midtempo
ou uptempo indiquant l'ambiance général du
son (mélodieux ou dansant)
Le funk n'a pas été qu'un mouvement musical
nord-américain. On retrouve de nombreuses
productions provenant de divers pays tels
que l'Angleterre, le Brésil, le Nigéria,
l'Italie, le Japon, la France, l'Espagne ou
encore la Suède.
ARTISTES ET
GROUPES CULTES DISCO
(source wikipedia)
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